26 mars 2010
Je n'ai pas dansé depuis longtemps - Hugo BORIS
Un coup de cœur. ENORME.
C’est bien simple, j’ai envie d’aller trouver l’auteur, Hugo Boris, et de le serrer dans mes bras, de le remercier et surtout, surtout, de le féliciter pour ce si beau roman, pour cette langue si belle qu’il manie avec talent, avec charme presque.
C’est l’histoire d’Ivan, médecin russe et cosmonaute désigné pour passer plus de 400 jours dans l’espace à bord de la station orbitale MIR et dépasser ainsi le record de l’homme ayant passé le plus de temps en apesanteur. L’action se déroule en 1991 au moment de la dissolution du bloc soviétique et nous plonge dans les pensées d’Ivan, ses réflexions sur sa mission, sa famille, son corps qui se dégrade peu à peu sous l’effet de l’apesanteur, la vie, le vide, etc…
L’auteur parvient à nous faire partager le quotidien de l’équipage de la station, ce huis-clos parfois pesant mais sans échappatoire puisqu’autour d’eux, de l’autre côté des trois millimètres d’épaisseur que représente la peau de la station, se trouve le néant, le cosmos, le froid et le silence de l’espace. Il parvient sans difficulté à rendre compte des rapports humains, des non-dits, des crispations, des petites rancœurs ou au contraire des joies anodines qui permettent de tenir, de surmonter cette situation hors-normes, celle d’évoluer dans l’absurdité du rien.
L’équipage change, les hommes se relaient tandis qu’Ivan reste. 400 jours à flotter, sucer des poches en plastique, pisser dans des tuyaux, regarder la Terre d’en haut, imaginer ses fils qui grandissent, se souvenir du parfum de l’herbe, vouloir la toucher, fantasmer sur un corps de femme et craquer. Vouloir mourir. Lâcher prise.
L’histoire tient en peu de mots et pourtant le récit est riche, développé, travaillé. C’est une fresque, l’histoire d’un homme mais aussi d’une époque et d’un rêve, celui de quitter le cocon sécurisant de sa planète pour s’aventurer dans l’inconnu. On ressent les peurs, les angoisses, les doutes, les envies, les besoins. Le lecteur EST Ivan. D’autant plus qu’Hugo Boris nous livre un roman extrêmement bien documenté, fourmillant de détails et d’informations techniques sur la station MIR, l’entrainement des cosmonautes, l’histoire de la conquête spatiale soviétique. Mais loin de submerger le lecteur, ces détails renforcent au contraire la crédibilité du roman, d’autant qu’ils sont distillés avec intelligence comme si on y était, comme si nous aussi on sentait nos os se fragiliser et notre peau peler.
Hugo Boris est un écrivain. Un vrai. Un qui a du talent qui plus est. Alors lisez-le.
P.55-56 : « Sa main flotte devant lui comme un corps étranger. Il la porte jusqu’au hublot, oriente son miroir de manche pour regarder au travers. La surface argentée de son bras n’est plus qu’un rectangle opaque, d’un noir si profond qu’il semble teint. Il en bouge un peu l’inclinaison, l’étoffe se met à luire. Le noir cède, mordu par une buée phosphorescente. La courbe de la Terre est entrée dans sa manche ».
L'avis de Sébastien Fritsch.
Edit du 24 avril 2010 : Sandy s'est laissée convaincre et son enthousiasme est débordant !
Aventuriers
Joli thème ! Les huits clos ont toujours une atmosphère très particulière, mais l'effet doit être plus saisissant dans un station orbitale ! A noter donc !
Le thème ne m'aurait pas tentée de prime abord... mais avec un si gros coup de coeur, je remets ça en question!
J'adhère entièrement à ta conclusion : je suis le parcours de cet auteur depuis son tout premier roman et je reste admiratif de son talent. L'ayant rencontré une fois et échangeant régulièrement avec lui, je sais qu'il sera sensible à ton avis comme le tien.
@ Sandy : une atmosphère trés particulière oui, c'est vrai! Et la station orbitale représente un cadre tout à fait original et rarement utilisé en littérature, si ce n'est dans le registre de la science fiction bien sûr! Mais on en est loin ici. Tout au contraire semble trés réaliste.
@ Karine
J'espère vivement que tu te laisseras tentée car, selon moi, ce roman vaut vraiment la peine d'être découvert!
@ Seb : Je suis heureuse de voir que d'autres partagent mon engouement et je te redis tout le bien que je pense de ce roman! Quant à l'auteur, je le découvre avec ce titre. Peut-être aurais-je bientôt l'occasion de lire un autre de ses romans?
je connais pas cet auteur, je le note
j'avais eu du mal avec ce livre,il était long pour un voyage sur la lune
@ Pom' : oui, note-le! Il en vaut la peine!
@ Esmeraldae : Il est long c'est vrai, d'autant que le personnage ne va pas sur la Lune puisqu'il se contente de tourner autour de la Terre. Si bien qu'au fond, on pourrait presque penser que son voyage n'a pas vraiment de but puisqu'il n'a pas de destination... Dommage que tu ne l'ais pas aimé, mais on ne peut pas tout aimer non plus ![]()
Dans ma PAL! Tu me déciderais presque à le faire remonter, mais il va d'abord faire baisser la PAL prioritaire!
haaa !! Je viens de lire les dernières lignes !! J'aurais eu peur jusqu'au bout ! Je sentais Hugo Boris capable de tout !!
J'ai beaucoup apprécié cette lecture ! Merci pour m'avoir fait découvrir cet auteur ! As-tu lu d'autres livres de lui ?
@ Chiffonnette : il mérite vraiment d'être lu. J'espère qu'il te plaira!
@ Sandy : je suis tellement contente que tu l'ais aimé!! C'est vraiment un de mes plus beaux coups de coeur de ces derniers temps!
Tu en parles magnifiquement, c'est tout décidé il FAUT que je le lise...
Peu importe qu'il ait eu ou non le prix Landerneau (même si c'est un bon coup de pouce)... l'important ce sont les billets comme le tien ![]()
je le mets en lien sur mon blog.
Belle soirée ![]()
@ Lily : merci! Aprés relecture, je trouve pourtant mon billet assez maladroit. Mais cela n'enlève rien à l'enthousiasme que ce livre a suscité chez moi! Je maintiens que C'EST BEAU!
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